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Marie Zanier-Mathon Book
Marie Zanier-Mathon Clichés
J’ai fait du théâtre toute mon enfance, et j’ai finalement arrêté les cours académiques pour me consacrer à d’autres projets, audiovisuels, en particulier et surtout la biologie, l’une de mes plus grandes passions. Je me suis également beaucoup occupée d’enfants, en jouant à créer des mondes et faire vivre des univers. Ce qui me plaît, c’est d’endosser un rôle le temps d’une histoire. Une photo ou un dessin c’est la représentation figée dans le temps d’un « mensonge » qui prend réalité.
Le déguisement aide à la crédibilité de l’ensemble, une mise en scène accessoirisée permet de donner vie à une situation factice, et de retranscrire le réel sous une forme parfois insolite. Avec l’expression corporelle pure d’une nudité décontextualisée, cela laisse place à des émotions que le costume ne permet pas de retranscrire.
Je vois mon corps comme celui une poupée Barbie dotée d’une garde-robe gigantesque et pouvant revêtir autant d’identités que les arrangements de ses habits et accessoires le lui permettent. Cette poupée est parfois « désarticulée » au visage affichant des expressions exagérées, parodiant un réel parfois plus absurde que la fiction.
Mais mon corps est également celui d’une humaine, au naturel, d’un animal terrestre. Mammifère d’ailleurs, dont les poils rebutent les hygiénistes qui voudraient voir en la femme une création vierge sans ses aspérités et sa lente évolution de la première bactérie originelle à son aspect actuel.
Et si Dieu avait créé la femme de la côte d’Adam, pourquoi ne l’aurait-il pas épilée préalablement à sa genèse s’il l’avait voulue parfaitement lisse, déjà prête à faire carrière comme Porno-Star ?
Porter sa nudité, c’est aussi porter ses origines, origines profondément humaines et sa propre fragilité sans accessoire.
Il y a donc deux sensibilités différentes et complémentaires à mon approche du modélisme. A la fois celle du corps-objet, et celle d’une féminité naturelle et simple ressemblant à celle de toutes les autres femmes. Ces deux aspects peuvent être résumés par la problématique du corps inscrit dans sa société et de ce qu’il a d’universel et d’intemporel.
Au plaisir de poser pour vous,
Marie Zanier-Mathon
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